Fiction 1 : La vie en chanson : Chapitre 1 (1/3) SAISON 1

Fiction 1 :  La vie en chanson : Chapitre 1 (1/3)    SAISON 1
Clara est une jeune adolescente ordinaire et timide, ne vivant que par l'amour de l'écriture, qui vient d'emménager dans un petit village situé en pleine campagne. Pendant ce temps, un groupe de rock composé de trois adolescents, les Jonas Brothers, commence à peine à se faire connaitre du public.




Mon nom est Clara et j'avais quinze ans à cette époque là. J'étais une adolescente comme toutes les autres, peut être même trop comme les autres. J'avais souvent l'impression d'être invisible, la sensation même de ne pas exister. Dans ma famille, c'était la même chose. J'étais l'unique enfant de la famille et c'était pourtant comme si j'avais un petit frère ou une petite s½ur que l'on gâtait, tandis que moi je devais faire semblant d'être heureuse. Pourtant, en secret je rêvais d'avoir un petit frère ou une petite s½ur, histoire de me sentir moins seule et de me dire que je pouvais tout confier à quelqu'un sans la moindre crainte. J'étais une fille sans histoire, puisque j'étais seule tout le temps. Même un fantôme à mes côtés m'aurait fait plaisir. Mes parents étaient trop occupés pour penser à moi. Ma mère travaillait à l'hôpital, mon père voyageait pour différentes affaires. Autrement dit, on ne se voyait pas beaucoup. Heureusement, ma passion pour l'écriture était là pour me consoler un peu. J'avais l'impression que quelqu'un m'écoutait en silence. Que se fussent des poèmes ou des nouvelles, j'aimais relire ces lignes où je m'imaginais moins...ordinaire.
- Clara ! Tu pourrais sortir les poubelles s'il te plaît ? Demanda maman, sans doute en bas dans le salon à parler de travail avec papa...
Avais-je le choix ? Pas vraiment. Je fis donc ce qu'elle m'avait demandé, mais sans motivation. En sortant les poubelles et les mettant devant le portail, deux filles passaient. Je leur fit signe de salut. Au lieu de me renvoyer le même signe, elles me dévisagèrent comme si je ne leur paraissais pas humaine et se mirent à rire entre elles.
- Alors c'est elle la nouvelle ? On dirait une paysanne !
Et elles continuèrent leur route en riant. Moi je regardais les poubelles que je venais de sortir. Fâchée, je donnai un grand coup de pied dedans et les ordures se renversèrent. Il ne me restait plus qu'à tout ramasser... Je commençais donc à ramasser, non sans plainte, mais j'entendis une voix que je ne connaissais pas me dire :
- Tu as besoin d'aide ?
De toute évidence, il s'agissait d'un garçon. Je n'osais relever la tête pour voir à quoi il ressemblait car je craignais qu'il fasse comme les filles qui venaient de passer. Je fus donc bien obligée de lui répondre :
- Non, merci. C'est pas très agréable comme loisir mais ça ira...
En fait, j'avais du mal à supporter la puanteur des ordures. D'ailleurs, je commençais à en avoir mal à la tête. Je toussais un coup, éc½urée. Je sentis la silhouette du garçon s'agenouiller à mes côtés et commencer à fouiller les ordures qui traînaient par terre.
- C'est vrai que ça n'a pas l'air agréable. Fit-il en riant.
- Mais je ne t'ai pas demandé de m'aider ! Si c'est trop fort pour sa « majesté », elle peut s'en aller ! Répondis-je, sans y penser vraiment. Je voulais juste qu'il s'en aille.
J'eus peur qu'il ait mal pris ma réponse mais bizarrement le garçon ne répliqua pas. Pendant ce temps, je remarquais un bout de feuille dans le tas. Ma trop grande curiosité me poussa à le prendre et regarder ce que c'était. Je fus choquée de voir que c'était l'un de mes textes et je ne doutais même plus que c'était mon père le responsable. Il n'avait jamais accepté que j'écrive. Il disait que ce n'était pas un métier et que ça finirait par me faire oublier de me trouver un vrai job. N'importe quoi ! Enfin bon, j'étais un peu déçue. Je ne m'attendais pas à ce qu'il vienne fouiller dans ma chambre, en particulier dans les tiroirs de ma table de chevet où je rangeais tous mes carnets à textes. Je comprenais mieux pourquoi je ne lui parlais jamais.
- Qu'est-ce que c'est ?
Je sursautai. J'avais complètement oublié la présence du garçon. Lui aussi regardait la feuille que je tenais. Je préférais la cacher, toujours la tête baissée. Il ne fallait surtout pas qu'il voit mon visage, j'étais vraiment embarrassée dans mon ramassage d'ordure. Je ne voulais vraiment pas qu'il se moque de moi ... Ma seule excuse fut de dire qu'il s'agissait d'un vieux contrôle scolaire où la note n'était pas géniale. Je supposais qu'il m'avait crut car je l'entendis rire doucement.
- Au fait, c'est quoi ton prénom ? Me demanda-t-il.
D'un coup, je fus prise de panique. Je ne savais pas quoi lui répondre. Je n'avais alors qu'une seule solution pour m'en sortir : la fuite. Je décidai que tout fut remis correctement et que je dus finalement rentrer, ce que je fis précipitamment. Là, j'étais certaine qu'il pensait désormais que j'étais folle. Arrivée à la maison, papa me demanda ce que j'avais fait pour avoir pris autant de temps pour juste deux poubelles. Je ne lui répondis pas, malgré le fait que j'avais vu un de mes textes parmi les ordures. Arrivée dans ma chambre, je repensais au garçon, plus particulièrement à sa voix. Sur le moment je n'avais rien remarqué, mais en y repensant j'étais certaine de l'avoir déjà entendu quelque part. Cette idée me passa vite. Je partis finalement à la douche car je puais les ordures. Mais même sous la douche, je pensais à ce garçon, à son aide alors que je l'avais envoyé balader et je regrettais alors mes paroles. C'était la première personne qui m'avait adressé la parole sans insulte ou moquerie depuis que j'avais aménagé ici, dans ce petit village perdu entouré d'une petite forêt. J'aurai dut rester encore, savoir comment il s'appelait... Quel gâchis ! Un ange était passé, j'ai fermé les yeux à ce moment là, hélas...

# Posté le samedi 29 novembre 2008 08:50

Modifié le mercredi 25 mars 2009 11:17

Chapitre 1 - Suite (2/3)

Chapitre 1 - Suite (2/3)
C'était alors l'heure de passer à table. Je fus la première et la seule à table évidemment. Papa se préparait à repartir tandis que maman, elle, affirmait ne pas avoir faim. Elle préférait ne pas perdre inutilement de temps si jamais son bippeur sonnait disait-elle. Moi je préférais qu'elle mange un peu pour ne pas la voir à son hôpital, à la place de ses malades... Finalement, ils m'embrassaient, de loin bien sûr, et partirent, chacun de son côté. Moi j'étais au milieu d'eux et je ne savais pas qui j'étais et encore moins ce que je devais faire pour ne pas pleurer. Dix minutes plus tard j'étais toujours aussi seule dans la maison sombre et glaciale selon moi. Dehors il faisait déjà nuit mais il ne pleuvait pas. Je savais qu'il y avait un petit étang par très loin de ma maison, j'y suis allée une fois, histoire de prendre l'air. Je décidai donc de m'y rendre en vélo. Mon petit étang m'attendait et moi je m'impatientais à ne pas déjà y être. J'avais le c½ur horriblement lourd, ça me brûlait presque et j'ai cru un moment qu'il allait exploser. Heureusement j'arrivais. Je dérapai, laissai tomber le vélo et couru m'allonger dans l'herbe, face à l'étang qui reflétait l'image de la Lune. Une larme coula sur mon visage, puis d'autres vinrent s'ajouter. Je croyais ne plus pouvoir m'arrêter. Pourquoi cette émotion douloureuse ? Pourquoi je ne pouvais plus me contenir ? Mes yeux me faisaient mal à force de pleurer. J'eus alors le réflexe de me replier sur moi-même, comment si j'espérais que cela étoufferai mes pleurs dans ce silence paisible. Je me rappelais tout d'un coup d'une chanson que j'avais écrite un jour, quand j'étais amoureuse. Une chanson que je n'avais jamais chanté qu'à moi-même malheureusement. Je me la chantonnais doucement, comme pour me bercer et me consoler. Ma voix brisa le silence de la nuit et je sentis pénétrer en moi un bien fou qui me réchauffa doucement. Comme je me sentais mieux... Je sursautai d'un coup, je venais d'entendre un bruit derrière moi et j'osais à peine bouger. Je restais donc telle que j'étais, complètement en boule sur moi-même. Une main se posa sur moi. Cette foi-ci je hurlais de peur. Il n'y avait pas de lumière je ne voyais pas de qui il s'agissait mais la silhouette semblait plutôt grande et mince. Je m'attendais à ce que ce soit un adulte mais pas du tout. C'était un adolescent comme moi. Il alluma sa lampe torche et la porta à son visage pour m'effrayer.
- Bouh ! Fit-il, amusé.
Non, cette fois-ci je ne réagissais pas. En fait je soufflais un peu. Un adolescent c'était plus rassurant qu'un adulte. Cependant, je ne faisais pas plus attention à lui qu'à un adulte.
- Bah alors la miss, on pleure ?
- Tu es qui pour me demander ça ? On ne se connaît pas je crois bien !
- Oula ! Agressive avec ça ! Plaisanta-t-il.
- Non, seulement prévoyante...
- De quoi ?
- Rien, fiche le camp, c'est tout...
Un petit moment de silence s'installa. J'espérais qu'il s'en aille. Mais ce ne fut pas le cas. Il était encore là. Je ne savais pas pourquoi, lui non plus sans doute. Je le sentis s'approcher de moi. Il s'assit même à côté de moi. Je détournais la tête. Il se rapprocha encore de moi.
- Bon, je ne suis peut être pas le beau prince charmant auquel tu t'attendais, mais peut-être que je pourrais essayer de te consoler un peu, non ? Après tout, je suis un être humain moi aussi. Tu sais, ce bout de chair et d'os fait d'idées et de sentiments !
Un instant je retrouvais une envie de sourire. Ce garçon était si attentif, j'avais presque envie de me pincer le bras pour voir si je rêvais ou non.
- Je sais même pas qui tu es... Fis-je en riant doucement, comme apaisée par ces quelques mots qu'ils venaient de prononcer.
- Moi c'est Nick, mais toi tu peux m'appeler « Sauveur » ! Ria-t-il en me regardant tendrement.
Sa lampe torche me permit de voir qu'il était brun aux cheveux frisés, avec des yeux marrons.
- Moi c'est Clara.
- C'est beau. Ca fait penser à la clarté, comme celle de cette belle lune. Fit-il, pensif ; Mais à part ça, raconte-moi plutôt ce qui te fait ainsi pleurer ? Je sais que les larmes rendent les femmes plus jolies, mais c'est quand elles rient qu'elles nous font le mieux tourner la tête.
J'hésitais. Je ne savais même pas quoi dire. En y réfléchissant je ne savais même pas pourquoi je pleurais finalement. Je me sentais bête. Qu'est-ce que je pouvais lui dire ? Que je n'étais qu'une pleurnicheuse, au risque qu'il se moque de moi ? Que je préférerais ne pas en parler alors que j'avais au contraire envie de crier ma solitude qui appuyait trop fort sur mes épaules ? J'avais tellement peur de son attitude et pourtant j'avais si mal à l'idée de tout garder en moi alors que je cherchais depuis longtemps un peu de réconfort. Fallait-il donc oser ou bien ne rien risquer ? Son regard tendre sur moi, ses paroles il y a un instant et ses gestes autour de moi, j'en tremblais de peur. Je ne connaissais pas ça, je ne savais pas comment m'y prendre pour ne rien gâcher. Il fallait pourtant que je lui réponde... J'osais.

# Posté le samedi 29 novembre 2008 09:04

Modifié le mercredi 07 janvier 2009 10:36

Chapitre 1 - Suite (3/3)

Chapitre 1 - Suite (3/3)
- Je crois que je suis incapable d'en parler...je suis désolée.... Dis-je, la voix noyée par mes larmes.
- Je te fais peur ?
- Non, bien sûr que non !
En réalité j'étais terrorisée, mais pas de lui. Juste de ma vie.
- Je ne peux pas... C'est tout... Ajoutai-je.
Et mes larmes revinrent à l'attaque tandis que Nick continuait à me regarder en silence. J'étais mal à l'aise. Je ne sentais plus beaucoup de force en moi et je ne parvenais donc pas à retenir mes larmes. Un espoir me frôlait tout de même. A force de pleurer je finirais par être épuisée et je pourrais ainsi me servir de ce prétexte pour échapper aux questions gênantes de Nick et rentrer pour enfin me reposer. Mais je ne m'attendais pas à ce que Nick me prenne dans ses bras et me tire doucement contre lui, collant ma tête sur sa poitrine. J'entendais son c½ur battre très fort. Il était aussi gêné que moi. Je souriais discrètement. Je me rappelais alors de la dernière fois où un homme m'avait prit contre lui pour me consoler. Cela faisait bizarre de retrouver cette chaleur après une dizaine d'années d'absence.
- Ca va mieux comme ça ? Me demanda-t-il.
C'est vrai que je me sentais mieux. J'aurais même tout donné pour rester ainsi. Mai je me rappelais qu'il fallait que je rentre pour ne pas inquiéter mes parents. Je me redressais alors d'un coup, écartant les bras qui me protégeaient du moindre danger. Je regardais Nick d'un air désolé et lui expliquai qu'il fallait que je rentre.
- Cendrillon a entendu les coups de minuit ? Ria-t-il doucement. Ne t'inquiète pas, je suis pas vexé. Moi aussi il faut bien que je rentre de toute façon, tu préfères que je dorme dehors ?
- Non, je n'y pensais même pas. Répondis-je en riant avec lui.
- Enfin un sourire, je suis content. Et je suis aussi content d'être passé par-là pour entendre tes pleurs et ainsi pouvoir te connaître.
- Pareil. Je dois y aller maintenant.
- D'accord. Au revoir, Clara.
Je ne pouvais plus répondre. J'étais partie et mon esprit était ailleurs. Ma vie s'était arrêtée pendant quelques minutes. J'en rêvais encore. Sentir un autre corps saisir le mien et le tenir bien fermement pour l'empêcher de trembler, je ne connaissais pas le nom de cette sensation mais j'aimais me rappeler de son effet sur moi. J'avais alors l'impression que l'air du soir était moins froid que lorsque j'avais quitté la maison, que d'être passée par les bras d'un garçon avait réchauffé toute l'atmosphère qui m'entourait. Le sol sur lequel je marchais semblait moins dur, le vent qui s'abattait sur moi en marchant n'était plus violent, il était doux et je sentais plutôt une caresse sur moi. J'étais emportée par un nuage, c'est ce que je pensais. Mes larmes semblaient bien loin de moi, tout comme ma peine. En claquant la porte derrière moi, je provoquai un cri paniqué féminin qui ne m'étonna pas. Ma mère se précipita vers moi, tremblante et désespérée. Son premier réflexe fut de m'interroger sur mon déplacement, ma raison de ceci, à moitié fâchée et à moitié étonnée par mon comportement. Je n'avais pas réfléchi avant de partir à l'étang, j'aurais dû laisser un mot qui signalait ma position. Je ne me sentais donc pas capable de lui dire ce qu'il s'était passé. Je me sentais honteuse mais je me disais que je devais lui mentir, pour ne pas l'effrayer encore plus.
- J'étais chez mon amie Marine, ne t'inquiète pas.
En réalité, Marine, la première et la seule amie que je m'étais faite dans ce village, venait de déménager, sans même savoir où elle allait s'installer ou sans même connaître de moyen pour que l'on reste en contact. Rassurée, ma mère finit par décrocher le téléphone de la maison et par appeler papa, sans doute au courant et du coup stressé lui aussi. Une colère cependant naissait à ce moment-là. J'en voulais à mon père de ne pas être là et au fond de moi je me disais qu'il ne s'inquiétait pas vraiment de savoir si j'allais bien ou non. Pour être sûre de ne pas pleurer à nouveau, je montais dans ma chambre et me jetais sur mon lit. Je voulus fermer les yeux pour oublier le visage de mon père mais je finis au lieu de cela par m'endormir, abattue par mes émotions de la journée.



# Posté le samedi 29 novembre 2008 09:07

Modifié le mercredi 07 janvier 2009 10:36

Chapitre 2 (1/4)

Chapitre 2 (1/4)

J'aurais voulu rester dans mon lit, à repenser à hier et ces bras qui m'empêchaient d'être tirée trop violemment dans la tristesse qui m'était pourtant habituelle. D'ailleurs, on me le faisait remarquer tous les jours, que l'on me connaisse ou non. Mes cernes sous mes yeux prouvaient les passages de larmes sur mon visage. Le jour venait de se lever, mon réveil de sonner le plus fort et le plus désagréablement possible, histoire de me dégoûter encore plus de mon quotidien. Premier jour au lycée, premier jour dans l'inconnu, aveugle dans le brouillard. Je craignais le pire, je craignais n'importe quoi. Je rêvais alors de mon héroïne favorite des bandes dessinées, c'est à dire la femme invisible, et je me disais qu'elle au moins avait de la chance. Si le bonheur était un quelconque aliment, j'aurai sans doute été la première à l'avoir mangé en peu de temps. Je sais que j'aurai pas dû penser ça mais Nick me manquait finalement. Je soupirai un bon coup, histoire de décompresser un peu et me préparai à partir. Mon sac était vide et pourtant mon angoisse le rendit pesant. Mes parents étaient déjà partis évidemment, je devais alors prendre le car. J'avais le trac. Je ne connaissais personne. J'espérais qu'il n'y aurait aucun problème. Je pris mon petit calepin où j'écrivais mes poèmes habituels et me dis doucement que ça irait en les ayant prêts de moi. Mon calepin était un compagnon pour moi, un soutien dans mes gestes, un abri quand il pleuvait dans mon c½ur. Je ne pouvais jamais m'en passer. Je l'avais toujours avec moi, le jour comme la nuit. D'ailleurs, toute ma table de chevet était remplie de feuilles ou petits cahiers remplis de textes et poèmes divers. Au moins je pouvais dormir en paix avec toute cette passion enfouie dans ce meuble placé à côté de mon lit. D'un coup je me sentais plus forte, plus disposée à me défendre contre le moindre ennemi. Je sortis donc de la maison, direction l'arrêt de car. Je respirai l'air frais qui se jetait contre moi et je laissais le parfum du matin venir taquiner mes narines de son odeur si poétique, ce qui me fit sourire doucement. En arrivant au point de rendez-vous, j'aperçus deux garçons et une fille, qui était plutôt collée à l'un d'entre eux. Le garçon qui était seul bouscula alors ma mémoire. Nick était là. J'étais contente, mais je restais gênée par rapport à hier soir. J'osais m'approcher un peu, espérant qu'il m'apercevrait. Il m'aperçut en tournant sa tête miraculeusement de gauche à droite et ainsi je le vis me sourire. Il s'approcha à son tour.
- Salut. Fit-il ; Apparemment tu as l'air d'aller mieux, je ne me trompe pas ?
- Non, c'est vrai que ça m'a fait du bien hier soir.
- Ravit de l'entendre. Viens, je vais te présenter à mon frère et sa copine.
D'accord, la fille était donc bien avec le garçon, qui ne m'était pas indifférent au passage. Brun, cheveux mi-longs et une mèche qui tombait sur son visage sans pour autant le cacher, avec des yeux couleur noisette. J'étais presque jalouse de sa copine, moi qui avais un faible pour cette couleur des yeux.
- Salut, moi c'est Clara ! Fis-je en souriant à la fille, blonde aux cheveux frisés et aux yeux magnifiquement bleus comme le ciel du sud du pays.
D'abord elle me regarda sans répondre, puis se tourna vers Nick, sans comprendre ce qu'il passait. En revanche son copain me répondit :
- Moi c'est Joe, content de voir que mon frère n'est finalement pas si nul avec les filles ! Se moqua-t-il, tandis que Nick lui renvoya sa petite moquerie en lui rappelant que le Joe des frères Dalton était le plus petit et le plus ridicule des quatre frères.

# Posté le samedi 29 novembre 2008 09:26

Modifié le mercredi 07 janvier 2009 10:36

Chapitre 2 - Suite (2/4)

Chapitre 2 - Suite (2/4)
J'appréciais leur côté amical qui ne connaissait pas le moindre souci, je me sentais un peu plus à l'aise que devant la fille qui m'examinait attentivement. Pourtant, quelque chose me gênait encore plus. La voix de Joe me rappelait quelque chose. J'étais prête à croire que je l'avais déjà entendue et même il y a peu de temps de cela. Je pensais alors que c'était une erreur. Je le croisais pour la première fois, je ne pouvais pas avoir déjà entendu sa voix. Bizarrement, je remarquais que Joe ne cessait de jeter un rapide coup d'½il vers moi et à chaque dois que je le surprenais il détournait son regard vers sa copine, s'assurant sans doute qu'elle ne s'imagine pas trop de mauvaises idées. Mais Nick m'attrapa le bras et y passa le sien.
- Tu es d'accord pour faire le trajet avec moi petite Clara ? Je m'en voudrais de déranger Marion et son idiot de petit ami dans leurs conversations sans intérêts.
- C'est toi qui n'as aucun intérêt ! Répliqua la fameuse Marion, apparemment vexée ; Il faut vraiment que l'on te case pour que tu arrêtes de dire n'importe quoi !
- Moi ? Être casé ? Autant demander au Père Noël d'exister ou à la société d'évoluer ! Ria-t-il en me regardant.
Je riais de cette réponse. Marion me fusillait de son regard. J'avais commis une erreur, en tout cas c'est ce que je comprenais d'après son regard noir. Elle s'écarta finalement de nous, agrippant et entraînant en même temps le pauvre Joe qui n'avait pourtant rien demandé. Cependant, il la suivit, sans se plaindre, après un dernier coup d'½il vers Nick et plus particulièrement vers moi, l'air désolé. Etonnée de la réaction de Marion, je me tournai vers Nick, prête lui poser des questions.
- Marion est plutôt mesquine, mais Joe ne le voit pas. Il prétend qu'elle est comme ça à cause d'une déception amoureuse passée. Expliqua calmement Nick ; Et d'ailleurs, il se dit en être amoureux dit-il. Je suppose que nous ne sommes pas en droit de lui en vouloir. C'est sa vie après tout.
- Il ne s'est jamais plaint ?
- En tout cas je ne l'ai jamais entendu râler, encore moins en ma présence.
- C'est bizarre... Ca fait combien de temps qu'ils sont ensemble ?
- Assez longtemps pour te dire qu'il vaut mieux ne pas se mêler de cette histoire... C'est désolant.
- Pourquoi tu dis que c'est désolant ?
- Parce que j'ai peur qu'il ne soit pas heureux dans le fond et ça, il n'oserait même pas l'avouer. Ni à Marion, ni à moi et encore moins à soi-même. »
La conversation avait tourné dans un ton grave que je n'aimais pas, pas chez Nick que je voyais depuis le début tout souriant et surtout très sûr de lui. Il doutait maintenant. Je devinais les milles questions et milles craintes qui pouvaient y avoir dans sa tête.
Un bruit sourd et imposant résonna progressivement et le car apparut, se présentant et s'arrêtant juste devant nous. On oublia très vite cette histoire grisante et on se plaça devant les portes du car, à peine remplit d'élèves. Ceux qui étaient présents semblaient encore trop endormis pour se rendre compte de ce qui les entourait, y compris la nouvelle recrue que j'étais pour cette année. J'étais stressée, presque paralysée par ce sentiment d'impuissance. Nick passa devant moi, comme pour me guider dans un brouillard qui me déstabilisait affreusement. Derrière, je sentais que Marion riait de mon comportement. Joe ne disait rien quant à lui. Je ne savais pas quoi faire ou quoi penser. Nick était là pour m'aider. Il me souriait, comme s'il suffisait de cela pour juste me prouver qu'il n'y avait rien à craindre. Malgré le fait que Marion continuait à ricaner, je me forçais à suivre l'exemple de Nick. Je relevais la tête et remis un sourire à mon visage encore inconnu pour tout ce monde ressemblant à un mur sans couleur. Je saisis la rampe pour m'aider à monter et finis par suivre Nick et m'asseoir à ses côtés. En quelques secondes, toute l'anxiété venait de s'enfuir ailleurs, m'abandonnant enfin à la tranquillité, même si mes mains posées sur mes jambes tremblaient encore. Je regardais par la fenêtre. Nous venions de partir, de quitter ce petit village sans histoire pour un monde différent. J'étais le jeune oiseau qui quittait son nid pour la première fois et je sentais mes ailes lourdes de regrets, de peurs mais pleines de rêves et d'impatiences. Qu'est-ce qui m'attendait là-bas ? Qu'est-ce qui m'attendait ? Oh, je m'en fichais. Il valait mieux que je ne cherche pas à savoir, il n'y aurait plus de surprise sinon. En attendant, je cherchais à me rappeler pourquoi la voix de Joe me semblait si familière. Depuis que j'étais dans ce village je n'avais croisé que Nick comme garçon. Je ne comprenais pas. Un souvenir me revint soudain. Hier, quand j'avais sortis les poubelles et qu'un garçon m'avait proposé son aide. Je m'en souvenais maintenant. La voix de Joe était celle du garçon d'hier après-midi, j'en étais persuadée. Je me retournai et le cherchai. Quand je tombai sur lui, je le vis embrasser Marion sans gêne, comme s'ils étaient seuls dans le car. Je revins à ma fenêtre, surprise de réaliser qu'il s'agissait de lui. Je me posais alors tout un tas de questions. M'avait-il reconnut ? M'en voulait-il encore d'avoir ignoré son aide ? Que pensait-il de moi désormais ? J'étais à nouveau mal à l'aise. Le garçon d'hier était le frère de mon nouvel ami Nick. J'espérais juste que ce dernier n'était pas au courant de cette petite histoire.

# Posté le samedi 29 novembre 2008 09:28

Modifié le mercredi 07 janvier 2009 10:37